Luxation récidivante de l’épaule
Après un premier épisode, les récidives de luxation de l’épaule sont fréquentes. L’instabilité de l’articulation peut provoquer un déboîtement lors de gestes simples du quotidien. Cette pathologie, qui touche principalement les jeunes sportifs, fragilise progressivement les structures de l’épaule. Elle nécessite une prise en charge spécialisée pour éviter, à terme, des complications telles que l’arthrose précoce.
Qu’est-ce qu’une luxation récidivante de l’épaule (ou luxation chronique de l’épaule) ?
L’articulation de l’épaule est constituée deux surface articulaires formées par la tête de l’humérus (extrémité arrondie de l’os du bras), qui vient se loger dans une petite cavité située sur l’omoplate, appelée la glène. Pour assurer sa stabilité, elle est entourée de ligaments, de muscles et de tendons. La luxation se produit lorsque la tête de l’humérus sort de la glène, on parle aussi de déboîtement de l’épaule. Dans plus de 9 cas sur 10, ce déplacement se fait vers le bas et vers l’avant, constituant une luxation antérieure de l’épaule.
On évoque la luxation récidivante lorsque plusieurs épisodes surviennent, même sans traumatisme majeur. Chaque nouvel événement fragilise la capsule, les ligaments, le bourrelet glénoïdien et les tendons de la coiffe des rotateurs favorisant l’usure du cartilage et à terme l’omarthrose (arthrose gléno-humérale).
Récidive d’une luxation de l’épaule : causes et facteurs de risque
La première luxation d’épaule fait suite généralement à un traumatisme violent (chute, choc direct, geste forcé). Mais une fois l’articulation fragilisée, les récidives peuvent se produire plus facilement, parfois même pendant le sommeil.
Les principaux facteurs de risque sont :
- L’âge au premier épisode : plus la luxation survient jeune, plus le risque de récidive est élevé.
- La pratique de certains sports : disciplines de contact (rugby, judo) ou avec gestes d’armé (handball, tennis).
- L’hyperlaxité articulaire : une souplesse constitutionnelle favorise l’instabilité.
- Lésions associées : atteinte du bourrelet (lésion de Bankart), fracture de la glène ou encoche humérale (lésion de Hill-Sachs).
- Absence de cicatrisation après la première luxation.
Ces éléments expliquent pourquoi la luxation récidivante de l’épaule touche surtout les jeunes adultes sportifs.
Luxation récidivante de l’épaule : les symptômes
Une luxation de l’épaule provoque des symptômes bruyants : douleur intense, déformation de l’épaule, impotence fonctionnelle. Dans les cas des formes récidivantes, il peut s’agir de subluxation. C’est-à-dire que l’articulation « sort » et « revient » d’elle-même en place. L’instabilité de l’épaule peut également se manifester par des signes plus discrets :
- Une douleur modérée ;
- Des craquements ou une impression de ressaut articulaire ;
- Une appréhension à lever le bras ou à effectuer certains mouvements ;
- Une perte de force et une diminution de la mobilité.
- Une sensation d’instabilité
Ces symptômes doivent alerter, car ils traduisent une instabilité susceptible de s’aggraver.
Diagnostic de récidive de luxation
Le diagnostic repose sur un examen clinique détaillé et un interrogatoire complet. Le chirurgien recherche les antécédents de luxation, la fréquence des épisodes et la sensation d’instabilité.
L’examen comprend :
- Des tests de mobilité et d’appréhension (test d’appréhension et test de recentrage).
- Des radiographies de face et de profil (profil de Bernageau permettant de dégager le rebord antero-inferieur de la glène) pour évaluer l’articulation et rechercher des séquelles osseuses (encoche de Hill Sachs, émoussement de la glène).
- Un arthroscanner, utiles pour identifier les lésions du bourrelet glénoïdien (lésion de Bankart), une encoche humérale (lésion de Hill-Sachs) ou une atteinte de la coiffe des rotateurs.
Ce bilan permet d’estimer la gravité de l’instabilité et d’orienter le choix thérapeutique.
Les traitements de la luxation récidivante de l’épaule par Team Épaule
L’objectif est de restaurer la stabilité articulaire et d’éviter la dégradation progressive de l’épaule.
Traitements médicaux
Le renforcement musculaire ou la kinésithérapie peuvent soulager certains patients, mais restent rarement suffisants pour une véritable luxation récidivante.
Traitements chirurgicaux
Lorsque les symptômes persistent, la chirurgie de stabilisation de l’épaule s’impose. On peut la proposer à partir du deuxième épisode de luxation. Deux techniques principales sont proposées :
- La réinsertion capsulo-ligamentaire (Bankart)
- Intervention sous arthroscopie à l’aide d’ancres et de fils pour fixer le bourrelet glénoïdien et retendre la capsule.
- Indiquée surtout chez les patients présentant une instabilité sans perte osseuse majeure.
- C’est l’indication de choix chez les patients présentant une épaule douloureuse instable.
- La butée osseuse (Latarjet)
- Réalisation d’une butée mécanique par greffe osseuse (en prélevant le processus coracoïde) fixée sur la glène.
- Méthode privilégiée chez les sportifs de haut niveau, les patients hyperlaxes ou en cas de récidives multiples.
La chirurgie de l’instabilité d’épaule permet généralement d’obtenir d’excellents résultats fonctionnels.Elle favorise un retour à une vie quotidienne normale et sans gêne. La majorité des patients reprennent leurs activités physiques antérieures, y compris à haut niveau, voire professionnel.
La luxation récidivante de l’épaule est une pathologie qui peut devenir invalidante. Elle nécessite un traitement spécialisé pour éviter les complications et permettre une reprise des activités en toute sécurité. L’équipe de Team Épaule, à Paris 16ᵉ, dispose d’un plateau technique performant pour vous proposer une prise en charge complète de l’instabilité de l’épaule.